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LES CHRONIQUES SEPTUAGÉNAIRES - L -28

29 - Lord Jim, Carnaby Street, le département d’anglais, Toi Jane, Moi Mario...


James Walters, dit Jim ou Jimmy, n’avait pas été anobli par la reine mais il avait le port d’un Lord avec son casque de cheveux frisés, ses blazers impeccables, ses cols pelle à tarte et ses Church torpilles à boucles. C’est lors d’une fête donnée par le département d’anglais de la fac que je l’avais rencontré par l’intermédiaire d’amis communs. Mordu de langue anglaise par la grâce des Beatles, de Bob Dylan, Dylan Thomas, Joyce et Patrick Lehmann, mon prof de lycée devenu maître de conférence, je lui pose beaucoup de questions sur la thèse qu’il écrit autour de l’argent dans l’oeuvre de Balzac et sur les musiques qu’on apprécie là-haut au début des 70's. Outre bien sûr que le football, puisque Jimmy a joué avant-centre dans son université et à Burnhope, tout là haut à l’est de l’Angleterre, dans le County Durham, un pays de mines et de mineurs.

Nous nous entendons si bien que je le convaincs de se joindre à notre équipe de la fac de Lettres, dont il devient l’inamovible numéro 9 ; qu’en numéro 10 consciencieux j’essaie d’alimenter en bons ballons.

Notre amitié grandit et prospère. Tandis qu’il prépare avec un soin maniaque ses interventions en tant qu’assistant, je vais et je viens entre Besançon et Lons-le-Saunier où l’Académie m’a transféré et où j’exerce la fonction imbécile de surveillant, tâchant de meubler les heures d’inactivité du matin et de l’après-midi en noircissant mes premiers carnets de portraits, d’essais et de poésies en prose parfois en anglais.

Le samedi soir ou le dimanche matin, après être (parfois) passé chez mes parents, je filais à Champagnole, m’arrêtant à Poligny où habitait Alain S., un fan de mes dribbles et de mes transversales, dont Maryse, la sœur, avait échoué d'un rien au concours de Miss France, et dont le papa, le légendaire Titii, tenait un café.

Début 1973 : je ne suis allé qu’une fois en Angleterre. Bref séjour où j’ai vu de mes yeux vu les hauts-lieux du Swinging London de la décennie précédente : Carnaby Street, Portobello Road, le Marquee, Soho.... Souvenir persistant du parfum entêtant du patchouli, des teeshirts frappés du drapeau britannique, des gamines qui s’égosillaient à la télé en applaudissant les groupes à la mode. Peu de musée, beaucoup de Pubs et de marchés aux puces… Un match d'Arsenal à Highbury et un Chelsea-Manchester City en coupe d’Europe des coupes.

 

LES CHRONIQUES SEPTUAGÉNAIRES - L -27

28 - Le manifeste des 331, le pétrole qui flambe, Billancourt et les Lip qui ruent dans les brancards, les Trente Glorieuses agonisent pendant que Morisi fait le Jacques...


Rétro. Fin mai 1973. Mélenchon, inscrit en philo lui aussi, agite le rez-de-chaussée de la fac de la rue Mégevand. Lui et ses trublions trotskistes ont organisé une journée portes-ouvertes suite au projet d’abrogation de la loi Debré qui permettait aux étudiants d’obtenir un sursis pour effectuer leur service militaire. Pas seulement, le PC se livre à un bras de fer électoral avec le PS pendant que la droite gouverne et que le prix du pétrole flambe. Tandis qu’on assiste à une révolte des ouvriers spécialisés, les pions du salariat, à Renault-Flins et un peu partout ailleurs…

Morisi et Mélenchon, se diront ceux qui m’ont suivi entre 2009 et 2012, ça devait coller.

Pas le moins du monde. Je me défiais des trotzkards, des maos, des cocos et de tout ce qui voulait mener la danse autour de moi, n’appartenant à aucune bande si ce n’est à celle de mes copains devenus infirmiers psychiatriques, de Joël et d’Etienne : mes Max Brothers, et de ce qui deviendra la communauté de Bacchus, bande de joyeux drilles qui se réunissaient et dormaient dans mes nouvelles pénates de la rue Péclet. (ndla : sous l'atelier de gravue d'Alain Ménéghon, et en face de l'appartement de Christian Fridelance, le saxophoniste de jazz bien connu).

Mais revenons-en à Méluche et à l’occupation de la fac de Lettres.

Je profite de la pause au bar de l’U pour me régaler des impros rhétoriques de François H., un érudit radicalement ironique, quand il nous vient l’idée d’aller taquiner du gaucho. Lui, l’ancien pensionnaire de la Maîtrise, moi l’anarcho-footballeur, rhizomique et folklo : pas sûr qu'on nous accueille avec des fleurs.

 

 

LES CHRONIQUES SEPTUAGÉNAIRES - L - 26

27.— 1972/73 : rhizome quand tu nous tiens, entre pionicat et Andreas Baader


Le processus d’atomisation qui s’opère chez le fils Morisi devenu un membre de la faune bisontine est encapsulé dans cette présentation du tandem Guattari-Deleuze, têtes de gondole des transgressions de l’époque en compagnie des rebelles de l’école de Francfort (Horckheimer, Adorno, Marcuse.) et de situationnistes Debord et Vaneighem… Inspirez profondément, lisez au compte-gouttes.

"Ne soyez pas un ni multiple, soyez des multiplicités ! Faites la ligne et jamais le point ! Le rhizome est une célébration de la pensée en réseau, il est transversal, tentaculaire et nomade, contrairement à la racine, unique et sédentaire. Comment le rhizome peut-il nous aider à penser le monde ? "

Et voilà, j’avais mis la main sur une martingale. Enfant de mes ombilics (de la botte, de la balle, de la gauche, de la tour de Babel, de la fraternité et bientôt du sexe) je n’étais pas anormal, inadapté, instable, pervers et polymorphe, un peuple perdu à moi tout seul, mais « transversal, tentaculaire et nomade », un rhizome, quoi.

Rizhome ou pas, je m’étais mis à faire n’importe quoi sans m’en rendre compte...

 

LES CHRONIQUES SEPTUAGÉNAIRES - L -25

26. - Besac, capitale mondiale des périphéries centrales... Pionnier espagnol, filons arabes et tremplin nordique...


D’aucuns se targuent d’avoir étudié à Saint-Cyr, à la Sorbonne ou à Stanford, d’autres remercient les dieux (dont les GPS ne retrouvent pas les coordonnées) de les avoir amenés à La Rochelle, à Toulouse où à Besançon.

Pour ma part je n’appris que j’aurai pu postuler à science po et aux grandes écoles qu’en troisième année de fac. Le simple mot de carrière me collait des boutons, carrière c’était pour moi la fissure poussiéreuse le long de la RN 5 entre Sampans et le rond point de Bourgogne, saignée d’où paraît-il venait la pierre rose qu’on avait utilisée pour les marches de l’Opéra et le socle de la Statue de la Liberté.

Besançon a été un coup de foudre, une grande histoire d’amour, un béguin qui dure encore. Car à Besançon il y avait tout ce qu’un garnement vorace pouvait désirer ; un centre-ville peuplé par un tiers de jeunes gens, un pourcentage élevé d’intellectuels et de diplômés, une population majoritairement progressiste et une tradition socialiste douce, héritage des thomistes de l’archevêché, de Victor-Hugo : enfin de Proudhon et de Fourier les socialistes dit utopiques, proches de l’anarchie. Le tout mis en musique par le compagnonnage des ateliers d’horlogerie implantés jadis par les voisins suisses.

Pour une ville des marches de l’est, il y avait énormément de ressortissants étrangers et ça ne datait pas de la vielle puisque Jules César raconte Vesontio et ses affrontements avec les Séquanes, les Celtes de l’endroit. Puis arrivent les Francs. Les Habsbourg. Les Espagnols. Des Helvètes et des Bourguignons. Les horribles Saxe-Weimar, des Souabes associés à des Suédois de Finlande, enfin toutes sortes de ulhans violeurs qui laisseront des traces dans le morphotype des hauts plateaux du Doubs. Il y eut enfin plusieurs vagues de Prussiens et de Saxons de 1870 à 39-45.

Pour ceux qui connaîtraient mal l'histoire...

 

LES CHRONIQUES SEPTUAGÉNAIRES - L - 24

25. Interdit aux moins de 16 ans : elle me fait homme et n'en saura rien

Les chronologies et mes ombilics s’entortillent. Tout ce dont il va s’agir s’est déroulé fin 1971. Je dois dire que je m’y perds un demi-siècle plus tard.

Né nomade par la faute d’un père en déplacement perpétuel. Gitan à crampons louant ses dribbles et ses buts à droite à gauche (6 clubs en 6 ans) ; philosophe dilettante s’essayant aux sciences économiques et à l’ethnographie en immersion, athlète culturel fan de pop musique et de grand théâtre, de littérature américaine, russe et scandinave, il fallait me suivre ce que personne n’a jamais essayé de faire à ce moment-là.

La vérité, c’est que j’étais un sale gosse jetant sa gourme et ne voyant pas plus loin que le bout de ses lectures.

Je n’avais pas lu Les Mémoires d’un Amant lamentable écrit par Groucho Marx en 1963 et publié en français en 1984 et c’est bien dommage, car planté sur une aire d’autoroute entre Milan et l’échangeur Torino-Aosta je me souviens m’être posé des questions après qu’un carabinier m’eut pris en stop et s'était arrêté pour m'acheter un plein sachet kraft de victuailles, du salami, du pecorino, deux fruits, une bouteille d’eau gazeuse et un mini fiasco de chianti. Avant de me dire que je valais mieux que mon look de traîne-patins céleste et que je ferais mieux de penser à mon avenir en mettant les bouchées doubles à l'université et en me trouvant une super petite copine.

Lâché entre Aoste et Courmayeur, les conseils de mon carabinier (qui avait fait de l’autostop lorsque les Allemands avaient dévasté le pays avant de rentrer chez eux) me reviennent. Pour les études, ça n’était pas trop tard, j’avais l’intention de passer les Unités de Valeur qui me manquaient en septembre et d’obtenir mon DUEL (le DEUG d’alors sanctionnant les deux premières années de fac). Bon, la philosophie n’ouvrait pas beaucoup de perspectives mais on verrait plus tard, rien n’était perdu.

Du côté de la super petite copine, c'était mal parti vu que je collectionnais les vestes, les vents et les coïtus interruptus because la concierge ou le petit copain et, naturellement, les impatiences inhérentes au jeune homme généreux surpris par la nature.

 

 

LES CHRONQUES SEPTUAGÉNAIRES - L - 23

23. Flower Power et Mélenchon contre Orange Mécanique ou quand les corps bouillent sous le tissu du côté de la Pierre penchée


Les années que le fils Morisi devenu Mario passe à Besançon d’octobre 1970 à juillet 1974 marquent son passage de l’adolescence protégée au temps des expériences, puisque nous sommes dans les années de transition entre le rêve un peu bêta de changer le monde aux chocs pétroliers prétextes de la contre-révolution libérale qui se traduit en France par les élections successives de George Pompidou, l’homme de la Corbelle, et de Valéry Giscard d’Estaing, le chantre des réformes dites libérales avancées.

Pendant ce temps-là, les disciples de l’économiste libertarien Hayek, les Chicago Boys et cette chienne enragée (j’assume le mot) de Margaret Thatcher nous expliquaient qu’il fallait en finir avec l’État-Providence et qu’il n’y avait d’autre alternative que de licencier les mineurs, les métallurgistes, les ouvriers de l’automobile, et naturellement un tas de fonctionnaires sauf les flics. C’est comme cela qu’on abroge les accords de Bretton Woods qui conditionnaient le dollar à son équivalent or, bombe à fragmentation qui allait accélérer la mondialisation de la finance et la quasi impossibilité pour les Etats de la contrôler.

Au Bar de l’U, à l’Éden, dans les amphis de la fac de Lettres, on n’en était pas encore là. L’ami Mélenchon organisait des assemblées avec ses stormtroopers trotskistes et se frictionnait avec les 'appariteurs musclés', ersatz de la police interdite de séjour dans l’enceinte de l’université. Les situationnistes fichaient la pagaille au garnd dam des marxistes-léninistes. Et les anars folklos...

 

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