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LES CHRONIQUES SEPTUAGÉNAIRES - L - 16

17. FLACH BACK SUR L'ÉTÉ 1968 - Lorsque les corps exultent entre amis fraternels et baisers brûlants


J’ai le souvenir d’une force intérieure immense, d’un geyser d’énergie irradiant jusqu’à la dernière de mes molécules. Sur la lancée de 68 et de ses insolences, il n’allait plus s’agir de passer des examens, de réaliser des prouesses, de jouer au plus haut niveau mais de s’immerger dans un monde formidable et illimité, de le domestiquer, de la conquérir, de s’y fondre tout en laissant une trace et, pour cela, s’affranchir de toutes sortes de conditionnements, à commencer par la sphère familiale.

« Drop out », recommandaient Ginsberg, Cummings, Corso, Ferlinghetti, les poètes de la beat-generation que je venais de découvrir à la librairie Cart, rue Moncey ; auxquels se joindraient Timothy Leary, William Burroughs et les maîtres à dé-penser de la contreculture, dont les incitations antisociales se mêlaient aux provocations d’Hara-Kiri qui deviendrait Charlie Hebdo à la mort du Général, pour faire de moi un carnaval de désirs et de vaticinations à mille lieues du projet de faire carrière sur les terrains de foot et dans la société.

A bien y repenser tout prit un tour décisif au mois d’août 1969...

 

LES CHONIQUES SEPTUAGÉNAIRES - L - 15

16 - 1970-71 : Extension du domaine de la réflexion et extinction d’un rêve, du foot à l’encyclopédisme libertaire...

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L'année de mon entrée en Terminale, les fils de mon scoubidou intérieur croissent et s'emmêlent rendant mon avenir problématique et renvoyant mes rêves de Stade Vélodrome et de San Siro aux calendes grecques.

Il y avait le football, la joie de vivre une époque épique (le flower-power et la mode de l’autostop avaient conquis l’Europe) mais en plus une passion naissante pour l’écriture, stimulée par le prof d’histoire-géo, un humaniste sincère qui deviendrait adjoint au maire ; par Patrick Lehmann, le prof d’anglais qui me fit découvrir l’"Ulysse" de Joyce et m’encouragea à écrire en anglais, et en français,.Sans oublier un étonnant prof de philo, le Père Pastré, abbé marxiste-léniniste qui défroquera et épousera une femme divorcée, d’après ce que je pus en savoir plus tard.

J’ai le souvenir d’une année formidable. L’impression d’avoir poussé une porte et d’entrer dans une caverne d’Ali Baba aux richesses inépuisables. Ah les cours de philo où Pastré noircissait le tableau de nos idées avant de nous aider à les ordonner et à en faire les prémisses d’un discours ou d’un argumentaire... Ah les exposés qu’il distribuait à partir de nos questionnements et qu’il s’agissait de soutenir en classe la semaine suivante — Qu’est-ce que le fascisme, le gaullisme, le communisme, l’anarchisme : sujets sur lequel je me jetai avec délectation grâce aux petits livres Maspero et aux essais de Daniel Guérin, Proudhon, Bakounine, Kropotkine : bases pour une compréhension de la pensée politique et sociale ;

 

 

LES CHRONIQUES SEPTUAGÉNAIRES - L 14

15. Septembre 1968 ou quand le fils de Peppone débarque chez les Maristes


La première fois que j’entendis parler de Besançon c’était sous le nom de Vesontio dans la guerre des Gaules, du temps où j’étais accro à l’Antiquité gréco-romaine. La première fois que je mis les pieds à Besançon (ça ne s’invente pas) c’était dans la bétaillère d’un boucher dont le fils jouait avec moi au FC Dole. La troisième fois c’était avec le Patro SNCF pour une rencontre d’athlétisme. La quatrième accompagné de ma mère avec l’objectif de convaincre un lycée de m’accueillir en dépit de ma mauvaise réputation. La suivante pour rencontrer le Père Supérieur et le Père Préfet de l’institution Saint-Jean dirigée par les pères maristes - 4, Square Castan -, un fleuron de l’éducation privée avec son taux de réussite au BAC frôlant les 100% et un corps professoral laïque et religieux de très haut niveau. Jetant un œil sur mon dossier et sur mes carnets de notes, le conseil de classe tique mais s’appuie sur ce que mes performances ont de positif en lettres, en langues... et en sport. M. Ragonnet, le professeur de math, est alerté par le commissaire Bonnet, le président du RCFC. Ragonnet est une sorte de prototype de Michel Vautrot, le futur quintuple Sifflet d’Or bisontin. Il me connaît, il a arbitré des matchs en sélection où je m’étais illustré. Il se lance le défi de faire de moi un matheux convenable.

Je me rappelle clairement le jour de mes débuts chez les Maristes. Les vacances terminées je m’étais levé à l’aube et après m’être mis sur mon 31 et avoir considéré d’un air perplexe ma coiffure en brosse et ma chemise impeccablement repassée, j’avais prêté une oreille distraite à « Bonjour M. le Maire », la chronique de Pierre Bonte à la radio...

 

SACRÉES RENCONTRES : DANIEL BIZET

Daniel Bizet, l’homme dont il s’agit ci-dessous, ne peut plus vider son verre. La dernière fois qu’il m’a donné signe de vie, c’était au téléphone il y a une vingtaine d’années ; seul avec une vieille amie quelque part dans les Alpes, un flingue à la main, il me demandait s’il devait tirer ou non et sur qui. Quelques mois plus tard, ou était-ce des années, une Doloise amie de sa femme m’apprenait qu’il avait disparu, se suicidant peut-être, quelque part du côté de Bordeaux. Daniel, si tu peux lire ces quelques lignes de là-haut, sache que je suis ému de reparler de toi pour les autres.


L'HOMME QUI MOURUT EN TORÉANT SES MOTS

Le chemin qui mène aux bonnes chapelles est tortueux : « Passez voir mes toiles rue Dragon et demandez Jo de la part de Paul » m’avait fait un marin aux prises avec ses tempêtes intérieures du côté des Goudes, un après-midi de mistral. C’est comme ça que je me retrouve chez Jo et Cécilia, 62, rue du Dragon. Une fresque de Paul le Marin se déploie sur le mur. Dans un coin un gros type aux yeux bleus et au sourire d’enfant griffonne sur son carnet de notes. On se connaît depuis Besançon. La conversation file, un voyage dans le temps s’esquisse.


1964 - El Francès aux Nouvelles Arènes de Marseille

Daniel Bizet a fait les 400 coups. Né à Reims en 1943 de père inconnu et d’une mère femme de chambre, il se souvient du jour où sa famille de quatre enfants s’est installée à Béziers...

 

LES CHRONIQUES SEPTUAGÉNAIRES L - 13

14. Quand ficelles, cordes, liens et scoubidous conduisent Barkounine Junior chez les curés...

Cobayes de la destinée - de la Providence ou du Mektoub pour les croyants -, nous encaissons les gratifications et les revers en tâchant d’en tirer des leçons dont on devine qu’elles sont la plupart du temps négociables et de mauvaise foi, mais il faut bien avancer, tenter, se faufiler entre les obstacles. Je ne m’en rends pas compte mais je suis entortillé entre les pelotes de significations qui se sont faufilées en moi depuis ma naissance : les origines modestes mais fières, une culture populaire de gauche, enfin une sacrée foutue joie de vivre exaltée par une curiosité parfaitement anormale qui me poussera à lire tout et n’importe quoi pourvu que cela soit rare et stupéfiant.

Pour moi comme pour beaucoup de gamins du baby boom, tout se joua à la fin des 60’s. Viré comme un malpropre du lycée technique de Dole, inscrit dans la liste noire des fauteurs de troubles par ce cher M. J., ma mère et moi nous demandons comment nous en tirer, papa ayant perdu patience et menaçant de m’envoyer jouer les parasites ailleurs que chez lui et de me couper les vivres.

L’après 68 est plutôt tendu à la maison.

 

REVUE DU DETAIL - ODYSSÉE 36-92

La Revue du détail reprend son envol. Premier retour sur image, l'incipit de la novella marseillaise "Odyssée 39-92, parue en tiré à part en 1998 puis in "Traité de savoir où", Éditions Souffle court, avril 20023. A vous de voir...

ODYSSÉE 39-92

PROLOGUE

Bod Ordzianovski — un colosse blanc qui boxait avec une prothèse — avait descendu un docker de Miami, et les gerbes de sueur libérées par ses jabs m’étaient restées en travers de l’estomac. « T’as pas l’air en forme, Schwartz, m’avait dit un journaliste de Libé, en me faisant signe d’aller me faire ficher. Il n’avait pas tort, H.B. Schwartz n’était plus ce qu’il avait été.

Au casino d’Aix, rien n’avait changé, pas plus la fumée autour du ring que les cris hystériques. Encore moins l’odeur de liniment dans les vestiaires. Oui, j’avais grossi, je le reconnaissais devant la presse. Non, je ne connaissais pas l’Unijambiste de Chicago. Inexorable, une boule de billard avait squatté mon épigastre et faisait affleurer à mes lèvres un vieux goût de sang.

Schwartz c’était moi, Belqacem-Schwartz, dit Raldo. Un nom patchwork pour un Français ordinaire, un balourd dont l’enfance de bagage accompagné s’était déroulée entre un barreau de chaise alcoolique et une maman qui battait la campagne. Le grand scénariste là-haut avait fait simple : j’étais austro-kabyle. Puis je fus étudiant et champion de France des mi-lourds. Pour finir chroniqueur dans une revue d’arrière-garde « La Perspective Popotame ». C’était ça, ma vie, un parcours en dent-de-scie ponctué d’exploits et de contre-performances, un rigodon entre les matinées passées à lire L’Idiot et les chandelles brûlées par les deux bouts.

Le match avait été décevant. Écœuré par les réflexions du plumitif parisien, j’avais filé sur le Vieux-Port et j’avais sorti Le Tractatus logico-philosophicus de la poche de mon gilet. C’était un soir de juin comme les autres, de la sueur croupie marinait dans les caniveaux du Vieux Port.

Comme ma vie était un mille-feuille — une couche de miel, une couche de sel — ne vous étonnez pas si je vous bassine avec la nuit qui s'installa en un dégradé si subtil qu'on ne la vit pas venir, à moins que — par saccades — elle n’eût chassé le soleil de ma table, du trottoir, puis du ciel tout entier, de sorte que le cul des passantes en était ocellé. Ocellé ! Toujours cette manie de conjuguer « va te faire foutre » au subjonctif et de convoquer Raskolnikoff au Leader-Price...

 

 

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